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 SACHA • every face that won't remind of home

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Sacha M. Ramsey

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MessageSujet: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 3:25

    •• QUELLE CHIENNE DE VIE !

    Tu sais, je déteste écrire en utilisant le « je ». Ça me fait sentir égocentrique, un peu comme ma voisine quand j'avais quinze ans ; cette fille-là, elle ne voyait personne d'autre qu'elle-même. Je haie les personnes de ce genre et avoir l'impression d'en être une me dégoûte. Enfin bon, en tant que journal intime (je me tue chaque jour à prouver que je suis vraiment un garçon et me voilà en train de raconter ma vie à un journal intime, c'est si virile), tu as quand même droit à des petits privilèges comme celui-là. Compte-toi chanceux, n'importe quand j'utiliserais un narrateur absent ; t'es juste siiii spécial à mes yeux mon Charlot. Alors bon, on se connaît pas beaucoup encore, tu veux que je me présente ? Ça va, je cesse de te faire languir, mon chou.

    Donc mon prénom est Sacha. Déjà là on part mal, tu trouves pas ? Prénom de fille. Bon, ça se fait pour les garçons aussi, c'est vrai, mais à mes oreilles à moi ça sonne super féminin. Mes parents auraient pas pu manquer d'originalité et m'appeler Tyler comme tous les autres ? On dirait bien que non. Quant à mon deuxième prénom, je l'utilise pas trop disons. Ça commence par M, et t'auras beau chercher, jamais tu trouveras. Matt, Maxim, Malcolm ? Encore plus stupide que ça, je suppose que mes parents voulaient vraiment une fille, parce que c'est Minnie ! Une pure horreur. Pour le nom de famille, c'est Ramsey. Un nom normal, au moins. On sait pas, ça aurait bien pu être Rainbow après tout. En tout cas, tout ça pour dire que j'en suis à ma 22e année d'existence et que je n'ai même pas osé mettre le bout de mon nez dans une université. J'avais dans l'envie de devenir enseignant, mais enseignant de quoi, va savoir ! Je devais probablement être trop lâche pour poursuivre mes études dans un grand établissement, ou bien simplement être trop pauvre. Ça coûte si cher l'université, c'est certainement pas mes parents qui auraient pu me payer ça, et à moi tout seul, j'aurais peiné à me procurer simplement les bouquins. Tu veux savoir ce que je fais, pour gagner ma vie ? Parles-en pas à tout le monde (toute façon, tu parles pas, mais ce que je veux dire, c'est que tu dois rester bien cadenassé) mais je passe mes soirées entières à brasser des verres, préparer des cocktails et avaler shooter après shooter pour amuser les gens qui me donnent quatre fois plus de pourboire. Par contre, vaut mieux ne pas compter sur moi pour divertir différemment les vieux porcs qui se retrouvent par hasard à me donner des tas de billets verts en espérant que je monte sur le comptoir pour tout enlever ce que je porte. J'ai plus de dignité que ça, quand même, va falloir que je sois ivre mort pour accepter de faire ça. Ah mais attend, j'suis ivre mort presque tous les soirs, en fait ? Je me retiens, je suppose. Voir Sacha sans rien sur lui, c'est pas tout le monde qui a droit à ça. Toi t'es chanceux, t'es sur mon bureau tout le temps, tu me vois quand je sors de la douche. Mais j'aime trop les vêtements pour les enlever si facilement. Et puis, les hommes de plus de 50 ans, sans cheveux et avec des dents multi-ethniques (des blanches, des jaunes, des noires...), ça me passionne pas tant que ça, tu sais.

    Alors bon, je disais... 22e année d'existence, fils d'un père bien britanno-colombien et d'une mère... québécoise. Le plus imbécile dans tout ça, c'est que j'ai grandi dans la petite ville de Burns Lake. Plus dans le Nord et à peine 2000 habitants, tu crois à ça ? C'était la mort, cet endroit-là. Je sais même pas comment j'ai survécu à presque dix-huit ans passés dans cet enfer. Tout le monde me détestait, et moi, je détestais tout le monde. Jusqu'à l'âge de seize ans, en tout cas. C'est pas compliqué, la seule personne m'ayant adressé la parole pour la peine c'est cette espèce de bimbo platine qui portait le nom de Pamela (tu vois la référence?) avec qui j'avais été forcé de me mettre en équipe pour un long et lourd projet de géographie quand j'avais justement seize ans. Au début elle me regardait de côté en mâchant son chewing gum telle une vache sur le bord de la route dans les Cantons de l'Est, puis elle avait commencé à me poser des questions sur mes cheveux. J'étais, ou plutôt mes cheveux étaient devenus son obsession. Mon shampoing, mon séchoir, mon plaqueur, les produits que je mettais dedans pour qu'ils soient si doux... Elle arrêtait pas une seconde, c'était question après question et elle avait toujours la main perdue là-dedans, c'en était gênant. « Oh, Sacha, tes cheveux sont tellement doux ! » « Ahh, je voudrais tellement avoir les mêmes cheveux que toi ! » « La nuit je rêve de toi et tes cheveux... » Et le pire dans tout ça c'est que c'était même pas dans ma tête, elle fantasmait carrément sur mes cheveux ! Écoute, je te passe les détails de ce qu'elle a dit de plus, mais c'était absolument pas tout public. Seigneur, j'étais tellement gêné, tu croirais pas à ça. J'étais hyper mal à l'aise, j'en revenais pas qu'elle puisse dire des trucs du genre de sang-froid alors que, de mon côté, j'osais à peine imaginer une fille en sous-vêtements.

    En tout cas, elle a fini par se désintéresser de mes cheveux et constater que j'existais pour de vrai aussi. Elle disait qu'elle pensait sans arrêt au petit soupçon d'accent québécois dans mon langage, qu'elle ne pouvait détacher son regard de mes pantalons si serrés, que c'était la première fois qu'un garçon si maigre et sans muscles lui faisait dire des choses dans le genre. Et le pire c'est qu'elle a continué, pouah, je comprenais tellement rien de ce qu'elle me disait ! C'était hyper obscène et je m'en rendais à peine compte parce que j'étais le petit garçon coincé au fond de la classe qui comprenait jamais rien aux relations humaines, psychologiques ou physiques. T'aurais vu ma réaction quand j'étais en train de travailler sur notre affiche et que la folle furieuse avait décidé de me baisser mon pantalon, et tout ce qui va avec. Elle a jamais osé refaire ça par la suite, au nombre de chaises que j'ai renversées en sursautant, elle a probablement compris que c'était pas une bonne idée de me faire des petites surprises du genre. Tous les gars étaient sur elle, voulaient avoir son numéro, et c'était moi, le petit gars pas trop mignon, qu'elle avait choisi de laisser la déshabiller. Et le petit gars pas trop mignon, il ne s'en rendait pas compte du tout. J'étais le pire des crétins, sérieusement. J'y repense maintenant et j'ai été un imbécile de première de ne pas voir à quel point elle attendait que je lui retire tout ça. Mais bon, elle a quand même eu ce qu'elle voulait, hein. Il a fallu qu'elle me le dise très clairement par contre. J'étais con comme ça.

    Et puis non, on est jamais sortis ensemble, en tout cas pas officiellement selon moi. Après qu'elle m'ait eu dégêné une fois, c'est devenu une espèce de tradition pour nous les lundis, mercredis, vendredi, samedis et parfois le dimanche. Au début, je réussissais à m'impatienter entre chaque réunion, puis c'était devenu une routine, presque une corvée. J'arrivais plus à la suivre, comprendre comment elle faisait pour ne pas vouloir diminuer la fréquence entre chaque séance, si je peux le dire comme ça. La relation assez spéciale qu'on avait m'a apporté quand même plus de bon que de mauvais, parce que cela m'a permis de m'ouvrir un peu aux gens et d'apprendre à connaître quelques personnes qui, au fond, étaient pas mal mieux que je le croyais avant. Les petits enfants gâtés, les snobs, ceux qui étaient "populaires" dans notre école de 250 élèves, je les avais toujours vu d'un mauvais oeil. Et là, mon Charlot, j'étais en train de devenir ami avec eux ! C'était vraiment très bizarre, en fait. Mais j'aimais ça, c'était certain. Sacha le loser de première était en train de devenir Sacha, le héros qui avait su conquérir le coeur de l'incroyable Pamela. Mais j'avais absolument aucune idée du fait que j'avais justement son coeur, parce que je croyais qu'elle ne voyait rien de plus à notre relation que ce que moi j'y voyais. Bah non, encore une fois j'ai été assez stupide pour ne pas le voir et c'est quand elle a décidé de me dire qu'elle m'aimait que j'ai compris que je venais de faire une gaffe monumentale. Je l'appréciais, oui, mais j'avais pas envie de sortir avec une fille comme elle. C'était à double tranchant ; soit je lui répondais de la même façon et qu'elle s'imaginait des choses, soit je lui disais que ce n'était pas tout à fait réciproque et je perdais à la fois une amie et ma réputation. Alors j'ai fait ce que tout gars pas brillant aurait fait : j'ai encore baissé mon pantalon. C'était la seule réponse que je pouvais lui donner sans répondre directement à sa question sous-entendue.

    En tout cas, le temps que j'ai été avec elle de cette façon, les gens me voyaient. Plutôt que de me faire mettre la tête dans les toilettes, on m'invitait aux fêtes où il y avait plus d'alcool que je n'en avais jamais vu. En principe, je n'étais plus célibataire et, pour cette raison, toutes les filles étaient sur moi. Avant, c'était seulement pour me tirer les cheveux à l'école primaire qu'elles faisaient ça. Enfin bon. Au début j'étais hésitant, pour moi boire de l'alcool se résumait à prendre une gorgée de la bière de mon père quand il me demandait d'aller lui en chercher une. Là, j'étais confronté à un tout autre monde : l'abondance. Les premières fois, j'étais raisonnable. Je préférais ne pas arriver chez moi complètement ivre, parce que j'avais peur de ce que mes parents pourraient bien me faire. Connaissant ma mère, elle aurait bien pu me menacer de me couper les parties génitales si je recommençais. C'était plus prudent d'arriver déjà dégrisé et d'aller me coucher en l'espace de cinq minutes, en prétextant d'être épuisé. Elle n'avait aucune idée de ce que je faisais, durant les soirées où je sortais. Je lui disais toujours « Je vais chez un ami, je reviens durant la soirée et si je vois pas le temps passer, je t'appelle pour te dire que je reste là à coucher. » Je lui disais ça, aussi, quand j'allais chez Pam. J'avais pas du tout envie de recevoir son petit sermon sur les relations sexuelles responsables, sur les petites abeilles et tout et tout. Toute façon, j'avais déjà fait le con pas mal à chaque fois, donc si quelque chose avait été pour se produire, ça aurait déjà été fait par ce moment-là. En tout cas, jamais Pamela n'est tombée enceinte, elle était probablement sur la pilule. Et à ce que j'ai pu comprendre, elle était parfaitement clean, alors pas de problèmes à ce niveau.

    Tout ça pour dire qu'après un certain temps, contrôler la quantité d'alcool qui passait de la bouteille jusqu'à mon estomac, c'était plus trop ma tasse de thé. Deux bières ou huit bières, je les engloutissais rapidement, peu importe si je me retrouvais à vomir mes tripes dans la toilette une heure plus tard ou en train d'embrasser quelqu'un sans raison. À noter que je n'ai pas dit « quelqu'une ». J'ai beau être hétéro (malgré les apparences) et ne jamais m'être posé de questions à ce sujet, quand je bois, je me fiche un peu de qui je touche. Le pire c'est que je me souviens toujours de tout quand je bois, peu importe en quelle quantité. Je suis inconscient de ce que je fais, mais quand c'est passé, ça se grave et ça reste. La première fois que j'ai réalisé ça, que j'avais passé près d'une heure à embrasser un garçon, j'arrivais pas à le dire à Pamela. J'avais vraiment honte de moi, même si je considérais qu'elle et moi on était pas un vrai couple, je me sentais infidèle. Et puis, c'était un garçon quand même ! Alors j'ai joué celui qui a un blanc de mémoire complet, en espérant qu'elle ne l'apprenne pas de quelqu'un d'autre ; évidemment, elle le savait déjà. J'avais eu tellement peur quand elle m'avait sorti un truc comme : « En passant, Christophe fait dire que t'embrasses très bien et qu'il recommence dès que t'en as envie ! » Selon ses dires, j'étais tourné rouge vin quand elle m'avait dit ça. Je me sentais hyper mal, mais en fait, ça l'amusait. Du moment qu'au final je revenais vers elle, qui j'embrassais et avec qui je couchais, elle s'en fichait totalement. Je voyais pas pourquoi j'irais voir ailleurs, mais au fond de ma conscience, ce qu'elle avait dit était resté imprimé et c'était impossible à effacer ; ma petite personne, une fois ivre, suivait à la lettre ce qu'elle avait dit. Et à chaque fois, le lendemain, je m'en voulais. Même si ça ne la dérangeait pas, moi, ça me dérangeait. Et puis, la première fois où je me suis réveillé et que c'était pas une fille à côté de moi, le bord du lit s'était rapproché assez vite merci pour que je tombe en bas comme ça. Au moins, c'était pas moi qui avait couiné en me relevant, c'était déjà un peu plus rassurant. Mais quand même, j'avais beau me souvenir du déroulement de la soirée dans ses moindres détails, ça voulait pas passer. Ça me restait coincé en travers de la gorge que j'ai pu boire jusqu'à en faire un truc du genre. Comment j'allais réagir ?

    Boire plus, évidemment. Pourquoi ? Parce que je venais de réaliser que, si Pamela m'avait dit que je pouvais faire ça, c'était qu'elle faisait la même chose de son côté. Je me sentais absolument trahi même si je n'étais pas mieux qu'elle, et c'est un peu ce qui m'a poussé à ne plus me préoccuper d'elle et de ma mauvaise conscience. De l'alcool, je suis assez vite passé à des substances encore moins légales (parce qu'avant dix-neuf ans, pas le droit du boire de la bière au Canada, tu sais, à moins d'habiter en Alberta, au Manitoba ou au Québec, mais encore là, c'est dix-huit ans). Et là, si quelqu'un voulait me faire faire quelque chose, j'adhérais aussitôt. J'étais déjà inconscient de tout quand j'avais quelques bières dans le corps, si t'ajoutes à ça un joint, un peu d'ecstasy ou encore une belle ligne de coke, j'étais prêt à faire n'importe quoi, avec n'importe qui. Alors soit certaines filles en profitaient un peu, soit c'était Christophe, ce même gay que partout ailleurs, qui prenait les devants. C'était toujours lui, pourquoi je sais pas. Sûrement parce que c'était le seul qui l'était ou s'affirmait et que j'étais le seul qui me laissait faire. Sobre, j'aurais pu être ami avec lui, sans plus. Mais soul, il avait qu'à me dire : « Couche-toi et enlève tes vêtements » pour que je le fasse. Le lendemain je m'en souvenais, j'avais mal, je regrettais, puis je recommençais. J'étais en train de devenir une vraie petite agace, comme toutes les filles qui rôdaient dans ces fêtes. Et Pamela, dans tout ça ? Ça se détériorait. On se voyait quand j'étais sobre et, si elle avait déjà été l'attraction principale, je lui avais sans aucun doute volé sa place. Elle était devenue bien trop raisonnable à mon goût. Elle m'énervait, à me dire sans cesse qu'elle m'aimait même si elle voyait bien que je passais mon temps dans le lit de quelqu'un d'autre. Elle n'avait même pas l'air à m'en vouloir, mais elle en faisait pitié. Pourquoi elle s'accrochait comme ça alors qu'elle aurait bien pu trouver quelqu'un de bien mieux que moi ?



Dernière édition par Sacha M. Ramsey le Dim 25 Jan - 8:03, édité 4 fois
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Sacha M. Ramsey

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 7:38

    Pamela, pour moi, c'était fini. Je lui ai dit, alors que j'étais soul, bien sûr. Pourtant, elle a quand même cru mes paroles, contrairement à beaucoup de filles qui auraient attendu une confirmation le lendemain. C'était affreux que je l'ai laissée de sang froid comme ça, mais j'en pouvais plus. C'était égoïste comme comportement, et je faisais jamais des choses égoïstes d'habitude ; je me convainquais donc que c'était pour son mieux, que j'avais agi en pensant à elle. Mon oeil. La seule chose à laquelle je pensais vraiment, c'était rentrer de l'école, faire mes devoirs le plus vite possible pour ne pas éveiller les soupçons chez mes parents, puis manger en vitesse avant de partir chez telle ou tel pour aller boire, me geler et passer à l'horizontale. Quoique des fois c'était quand même à la verticale. Mais c'est un détail. J'en étais rendu à un point où je ne pouvais passer une soirée chez moi sans m'arracher toute la peau autour des ongles. Avant ça, j'étais bien dans ma solitude, mais là, j'avais besoin des gens. Ça me tenait en un seul morceau. Je voyais souvent des filles différentes, mais plusieurs me trouvaient stupide d'avoir brisé le coeur de Pam, donc elles ne me faisaient plus d'avances. Trouvez où est la logique dans tout ça. En tout et pour tout, c'est quand même Christophe qui restait mon meilleur ami. On passait tout notre temps ensemble et, lors des rares soirées où j'étais avec lui sans avoir consommé plus que du soda et des chips, il réussissait quand même à me convaincre que j'avais besoin de câlins. Pas plus que ça, seulement des câlins. Et, en effet, ça rassurait. Je passais doucement des fêtes monstrueuses aux soirées pyjama entre lui, moi, et quelques autres filles. J'aimais ça, je buvais quand même et il y avait des gens. Toutes les filles venaient chez lui pour jouer à la bouteille avec nous et, la plupart du temps, leur pyjama consistait simplement d'un soutien-gorge et d'une petite culotte. Parfois, même pas de soutien-gorge. J'étais tellement enivré par la situation que je ne me rendais même pas compte que ça ne ressemblait en rien au monde réel. On jouait à la bouteille, mais on modifiait un peu les règles. C'était pas seulement bisou sur la joue, bisou sur les lèvres, french kiss. Disons que ce dernier était plutôt la première barre de l'échelle. Et quand deux personnes du même sexe s'embrassaient ou autre, tout le monde devait boire un tel nombre de shooters ou peu importe. C'était assez hardcore, comme soirées pyjama.

    Quand ma mère a découvert ça, je croyais qu'elle était sur le point de se pendre dans le garage. J'étais terrifié. Ça avait mal tourné, en fait, j'étais au mauvais endroit au mauvais moment. Elle et papa avaient décidé, une soirée, de faire une ballade sur la plage ; moi, j'avais décidé d'aller faire un feu là avec Christophe et les quelques filles qui nous suivaient toujours. Tout ce qu'on aurait pu trouver d'illégal se trouvait sur cette plage à ce moment-là ; j'étais hors de moi-même, mais pas dans le sens que j'étais en colère. J'étais sérieusement dans un autre monde et je me fichais pas mal de s'il y avait des gens autour ou pas. Les autres filles pouvaient faire ce qu'elles voulaient entre elles, moi, j'étais avec Christophe. Pas besoin de vous donner les détails de ce qu'on faisait, mais je sais que les filles ne se faisaient pas prier pour regarder. Et c'est là que mes chers géniteurs sont passés. Je crois que ma mère avait toujours eu des doutes, mais là, ils lui étaient confirmés. C'était horrible. Elle était partie en courant, en pleurant, tandis que de mon côté je ne me rendais même pas compte que je lui faisais du mal. Je me souviens que mon père m'avait ramassé par les cheveux et m'avait gueulé de remettre mes vêtements. Et je sais aussi que je l'ai frappé, cette fois-là, même si je me sentais mou comme une guenille. J'en pouvais plus. J'avais passé toute ma vie dans cette ville horrible, j'avais toujours haï cet endroit et il le savait bien, mais il ne voulait pas partir, parce que lui, il aimait ça. Ma mère non plus n'était pas bien à Burns Lake, mais elle ne pouvait se résoudre à laisser mon père pour ça. On sortait aux vacances d'été, généralement pour aller voir de la famille à Montréal ou dans les environs. Le reste du temps, on écoutait papa et on restait enfermés dans cette petite ville horrible. Je le trouvais affreusement égoïste et insensible. Il ne voyait pas que cette ville nous rendait malheureux, que c'était peut-être bien pour ça que je m'étais si facilement laissé enfirouaper par tout ce que Pamela m'offrait, à la base. Je le jugeais soudainement responsable de tous les matins où j'avais la migraine et de tous ceux où la bile m'avait remonté dans la gorge. Et pour cette raison, je l'ai frappé. Je lui ai dit de s'en aller, de s'occuper de ma mère un peu plutôt que de se préoccuper de sa réputation. Les gens allaient penser que j'étais gay, les gens allaient penser que j'étais un drogué. C'était vrai en partie, et alors ? Il faisait semblant de s'inquiéter de moi, mais c'était simplement les rumeurs qu'il craignait. Je voulais qu'il réalise à quel point ma mère souffrait à cause de lui et de ses problèmes de boisson. Je voulais qu'il comprenne à quel point je n'étais qu'un miroir de sa propre petite personne. Il m'avait frappé à son tour, puis m'avait dit que je pourrais aller prendre mes choses à la maison le lendemain. Qu'après ça, il ne voulait plus jamais me voir franchir le seuil de cette porte.

    C'est ce que j'ai fait. Le lendemain, j'suis allé chercher mes choses, j'ai parlé avec ma mère qui ne voulait pas que je parte, puis j'ai tout claqué en lui promettant de l'appeler de temps à autres. C'était tout. J'en pouvais plus de tout ça, c'était devenu horrible. J'avais pas encore dix-huit ans et j'avais beau ne pas être responsable pour cinq sous, je voulais m'en aller et vivre ma vie à moi. De Burns Lake à Nanaimo, la transition a été plutôt complexe. D'un coup, je ne connaissais plus personne et je n'avais plus d'argent. Je me suis trouvé un emploi comme bibliothécaire, mais ça ne me convenais pas du tout. J'suis un garçon bruyant et hyper actif avec des problèmes de concentration. Déjà que c'était pas joli à l'école primaire, là, c'était affreux. J'avais même pas terminé mes études en plus, ce qui ne m'aidait pas du tout. C'était pas avec mon salaire de bibliothécaire que j'allais aller bien loin. À Nanaimo, je n'étais plus personne. Les filles ne me tournaient plus autour, je n'étais plus invité aux fêtes et je devais acheter mon alcool en tout temps. Ça revenait trop cher, je n'arrivais pas à joindre les deux bouts ; graduellement, j'ai dû arrêter ma consommation. Mais si je ne pouvais plus me souler, alors qu'est-ce que je faisais ? La vie était devenue morne, ennuyeuse. J'avais besoin d'action, j'avais besoin des gens, j'étais devenu dépendant aux gens. Écouter la télé dans mon petit deux pièces et manger du macaroni au fromage en boîte, ça ne m'allait pas. Je voulais faire autre chose de ma vie. Et, bien sûr, j'ai trouvé comment.

    J'ai lâché mon emploi de bibliothécaire, je suis parti à Vancouver et je me suis trouvé un emploi dans le domaine où j'ai le plus de talent ; l'alcool. Une boîte de nuit, c'était l'idéal pour moi. Tu croirais pas à ça la quantité d'argent que je me fais chaque soir. J'ai pu passer de deux à six pièces et reprendre mes études là où je les avais laissées. Sans m'aventurer dans l'universitaire, par contre. Je tenais vraiment à au moins avoir ce diplôme là, c'était super important à mes yeux. L'argent de surplus que je gagnais, je l'ai passé dans différents tatouages. Au départ, j'en voulais deux ou trois. Puis quatre ou cinq et, finalement, j'ai plus réussi à m'arrêter. De toute façon, même si certains n'aiment pas, beaucoup les adorent, au contraire. Le petit personnage que je joue quand je travaille plait beaucoup à certains ou certaines, d'ailleurs. Je m'imite quand j'étais plus jeune ; une agace. Vêtements serrés, semblants de drague, compliments constants. La route vers la gloire des discothèques, si on peut le dire. En tout cas, les billets de cinq, dix, vingt dollars sont souvent insérés dans mes jeans, à la taille. Y'a pas mal de vieux pervers, à Vancouver. J'ai beau ne pas être attiré le moins du monde, ils sont quand même très utiles. Des clients sans lien avec les autres, mais récurrents. Et puis de travailler d'arrache-pied comme ça m'a permis de me rebâtir une réputation. Peut-être moins rapidement qu'à Burns Lake, parce qu'il y a franchement plus de personnes à convaincre. Mais tous ceux qui connaissent la discothèque où je travaille savent qui est Sacha. Sacha qui ne refusera jamais de se donner en spectacle pour les bénéfices. Sacha qui ne fera pas de strip-tease sur le comptoir... à moins qu'un jour on lui trouve une bonne raison. Sacha qui boit comme un trou mais sera toujours le plus apte à raconter la soirée de la veille. Sacha qui commence à sortir avec plus de clientes qu'il ne le faisait au début.

    Tu sais Charlot, je me considère pas comme plus important que les autres. Ni comme plus malchanceux. J'suis conscient que de tout ce qui s'est passé dans ma vie, seule une petite partie n'était pas de ma faute. Mais je crois quand même que tout pourrait aller mieux. J'aimerais être musicien, tu crois à ça ? Je chante souvent, quand je suis seul. Certaines personnes m'ont dit que j'avais une jolie voix. Mais être musicien, c'est comme faire un feu de camp sur la plage ; tout va bien au début, jusqu'à ce que tu te plantes gracieusement. Il y a des choses que je ne tiens pas à vivre, et ça en fait partie. J'suis peut-être immature et irresponsable, mais je suis un peu plus conscient qu'avant, quand même. Faut me laisser le temps, voilà tout. 22 ans, célibataire, fumeur occasionnel, ivrogne à temps partiel et plus du tout gêné. Ça me résume trop bien. Tu te la fermes, hein ? J'veux pas que les gens apprennent tout ça. Et puis tu sais quoi ? J'suis mort de fatigue, l'est quatre heures du matin. J'te réécris dedans plus tard ; si tu veux, demain, je te fais un compte-rendu de ma petite personne dans le présent. Ça t'intéresse trop, allez, avoue. Enfin bon, oui, me la ferme.


    •• GENERIQUE DE FIN

    • Célébrité : Oliver Sykes
    • Pseudo/surnom : KiwiStatixx, Kath.
    • Comment avez-vous connu SS ? : Bah j'étais "autrefois" sur Wake Up. Et par manque de temps j'ai lâché, sans prévenir, je suis indigne je sais. Mais là je retrouve miraculeusement mon temps, et puis j'ai pas su résister, le design (et tout le reste aussi, hein) m'appelle vraiment juste trop. Et promis, là je vais être là. En plus je viens de voir que les initiales du forum c'est "SS". J'adore doublement ces initiales, c'est un signe du destin. <3
    • Commentaires/suggestions : J'espère que je fais mal à personne en ne prenant pas un des milliards de scénarios. ^^'


Dernière édition par Sacha M. Ramsey le Sam 24 Jan - 22:25, édité 4 fois
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Ellana M. Galloway
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 8:53

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Samantha Kennedy
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 12:42

Sacha M. Ramsey a écrit:
En plus je viens de voir que les initiales du forum c'est "SS". J'adore doublement ces initiales, c'est un signe du destin. <3

Ca fait quand même un peu milice pendant la guerre, nan ? Arrow

Bienvenue à toi Je vais réserver le bonhomme albino

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Sacha M. Ramsey

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 15:13


    Ahhhh, Ellana, je t'aiiimmeeeuuuhhh. Je le prends presque toujours, il est très (très) rarement pas libre. J'aime mieux faire des garçons et les autres garçons j'ai pas 1000 photos d'eux sur mon ordi, parce que je les aime pas assez pour ça. I love you (Va me falloir un lien, muahaha)

    Comment ça milice pendant la guerre ? oO C'est pour Sean Smith et Suicide Season en fait.
    Mais j'suis assez blonde pour pas comprendre, c'est normal. x)

    Et puis bah merciii. ( Des câlins !!! )
    Je tente de finir ma fiche ce soir, et si jamais je peux pas, ça va être demain dans la journée. Very Happy
    *Câlin aux gens, parce que c'est ma marque de commerce*
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James Hooner
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 15:30

Bienvenue ! I love you

SS c'est aussi une organisation qui a mis en place la déportation des juifs durant le régime nazi Wink
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Apple G. Ridgeway

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 18:53

Bienvenuuue
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Ellana M. Galloway
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 19:56

Sacha M. Ramsey a écrit:

Ahhhh, Ellana, je t'aiiimmeeeuuuhhh. Je le prends presque toujours, il est très (très) rarement pas libre. J'aime mieux faire des garçons et les autres garçons j'ai pas 1000 photos d'eux sur mon ordi, parce que je les aime pas assez pour ça. I love you (Va me falloir un lien, muahaha)

Comment ça milice pendant la guerre ? oO C'est pour Sean Smith et Suicide Season en fait.

Ouais Nous en faudra un S.S c'était un peu comme la Gestapo, une milice avec Pétain mise en place pour traquer les résistants & les juifs.

Suicide Season
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Juddi Rockefeller

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Ven 23 Jan - 21:26

Bienvenue. I love you
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Sacha M. Ramsey

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Sam 24 Jan - 18:36


    Ashton et Kaya ...

    Ahem, miirci.

    Ahh, pour ça que je me sentais inculte. J'suis pas incollable par rapport aux guerres mondiales, ni une ni l'autre. Faut dire que jusqu'à maintenant j'ai étudié seulement ses effets sur l'économie, donc ça aide pas beaucoup non plus. ^^

    *Câlin aux gens*

    Bon, vais finir cette préso.
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Dim 25 Jan - 0:25



    Double post, désolée.

    Termiiné.
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Dim 25 Jan - 1:28

SACHA LE PAS POKEMON DU TOUT Arrow
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Sacha M. Ramsey

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Dim 25 Jan - 1:40


    AHHHH non, c'est pas vrai. Ash, il s'appelle... Sacha.
    J'avais oublié, fallait pas me le rappeler.

    Vais avoir Oli en tête avec une casquette "Gotta Catch 'Em All" maintenant ._.
    Je suppose que ça se voulait être un bienvenue ? Merci trop hein. >.>

    ( Quoiqu'un de mes amis s'appelle Sacha, c'est lui que je vais imaginer, haha )
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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   Dim 25 Jan - 12:58

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MessageSujet: Re: SACHA • every face that won't remind of home   

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